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9 May 2008

Le dandysme : entre désespoir et passion

 

« Tout enfant, j’ai senti dans mon cœur deux sentiments contradictoires : l’horreur de la vie et l’extase de la vie. »

- Mon cœur mis à nu.
 

                                              

Interprétant les deux adversaires à la fois, Charles Pierre Baudelaire mène un rude combat entre la joie de vivre et la mélancolie, le bien-être et le désespoir, le spleen et l’idéal et, au final, le poète et le dandy.

Né en 1821 d’une famille désequilibrée dès son plus jeune âge, ce garçon ne connaîtra que peu son père qui décède en 1827 et dont le statut sera rapidement repris par un homme qu’il ne parviendra jamais à accepter. Représentant le tout premier dégoût de Baudelaire, son beau-père l’officier Aupick se pose comme obstacle devant les deux femmes de sa vie de passionné, à savoir, sa mère et l’écriture. Ainsi, cet écrivain d’extraordinaire talent mènera une vie hostile à ses origines mêmes : Baudelaire rompt par tous moyens les liens avec la société bourgeoise dont ses parents incarnent les valeurs. C’est ce même écoeurement que l’on retrouve plus tard dans ses écrits les plus connus, reccueillis essentiellement dans Les fleurs du mal (1857), lorsqu’il parle par exemple avec pénible froideur de la mort, du diable ou encore de son propre corps qui le répugne.

Cependant, et ce d’une manière paradoxale, c’est justement le côté exalté de Baudelaire qui, d’une part, le coupe du monde, mais lui donne aussi l’allégresse d’y consacrer sa plume. En effet, un artiste mélancolique dans la définition, c’est précisément dans cet abattement que le romantique trouve son inspiration. Ainsi, Baudelaire préche l’exotisme, l’amour et la gloire et pose sur feuille des mots ne pouvant être lus autrement que comme une véritable célébration de la vie.

Déchiré entre son amer chagrin et sa frénésie, il est presqu’aussi difficile de définir cet homme pour nous qu’il l’a été de se trouver lui-même. Comment lier cette sécheresse face à la vie à une envie si fulgurante de l’exploiter, d’en faire sa toile, d’en peindre sans cesse le portrait avec fraîcheur et fleur ? C’est quelque part dans son apparence que Baudelaire trouve la réponse. Hostile à la médiocrité, austère jusque son exaltation la plus fulgurante, aigri et ecoeuré de la vie à moins que celle-ci ne soit « ailleurs », Baudelaire étudie, comprend et admire le courant dandy et on peut dire qu’il y trouve son équilibre. Explicant dans Le peintre de la vie moderne que chaque dandy trouve son influence dans « le caractère d’opposition et la révolte », l’écrivain partage avec les dandies l’amour de l’esthétique, de la distinction et de l’apparence en générale qui, pour lui, doit démarquer du monde populaire.

Charles Baudelaire s’est montré tellement représentatif du dandysme que certains penseurs se demandent si ce  courant ne s’est pas éteint à sa mort en 1867. Cependant, d’autres préfèrent nous montrer qu’il ne s’est jamais réellement éteint - n’est-ce pas Mr Dodelande… 

 

*AimyRose*

 

 

 

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Classé sous Dandy à la Baudelaire par Aimee

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